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Mon Aéroclub

5 novembre 2005 6 05 /11 /novembre /2005 00:00
Dans la vie d'un élève pilote, après l'étape du lâcher où l'instructeur estime que l'élève est apte à faire des tours de piste sans casser l'avion, vient celle où il lui demande d'aller voir ailleurs s'il y est. Et je peux vous le dire, il n'y était pas :-)

Après plusieurs reports cause météo et autres le week-end ne s'annonçait pas fâmeux. J'avais pris les TAF et METAR en me levant et...damned, il est prévu 15kt avec rafales à 25kt de vent en fin d'après-midi, autant dire que la nav solo ne sera pas pour ajourd'hui.
C'était sans compter sur un coup de fil de mon instructeur à l'heure du petit déjeuner:
"-il fait beau ce matin et le temps est incertain pour cet après-midi, tu peux être là vers 10h30?
-un peu que je peux!".
Branle-bas de combat, j'imprime la météo tout en me péparant à partir.
La nav est prête depuis longtemps, je n'oublie rien? Si j'ai oublié ma montre, pas grave j'ai mon téléphone et il y a un chronomètre/montre dans l'avion.
J'arrive fébrile au club, excité et avec une légère appréhension.
Je prépare mes affaires, vérifie mon log de nav et fait la prévol de l'avion.

Bizarrement mon instructeur semble moins sûr de moi, il me demande si je le sens bien.
Je n'ai jamais eu autant envie de voler et je le sens parfaitement bien.
Voyant le vent forcir et de travers à Dinard il souhaite faire un tour de piste en double avant de me laisser partir.
Alors que je roule il remplit mon autorisation de nav, c'est qu'il a quand même l'intention de me laisser y aller :-)
Je décolle pour un tour de piste en 17. Le vent est 10kt bien de travers.
J'arrive avec une bonne dérive.
"-on fait un complet?" demande-je
-"ça dépend si tu le poses bien ou non".
Voilà de quoi me motiver!
J'arrondis puis je décrabe franchement sans hésiter, et je pose l'avion en douceur.
"-Bon eh bien c'est bien ça!"
Je roule pour le parking tour et je dépose mon FI qui me laisse partir rassuré.
Je me concentre, je n'ai rien oublié? non.
"Hotel Kilo au parking tour prêt à rouler pour un vol à destination de Saint Brieuc".
"Roulez pour le point d'arrêt 17 et rappelez prêt Hotel Kilo"
Je déroule ma check avant décollage, je vérifie tout une seconde fois, la tour m'autorise à m'aligner et à décoler, et me voilà en l'air.
C'est presque un second lâché, je n'ai pas volé seul depuis le 12 mars. D'ailleurs c'est mon lâché sur cet avion, un DR46.

Je prends mon cap au 270, j'ai le vent plein de face.
Dinard me transfère avec Rennes info "à convenance". Je contacte Rennes info qui est aussi Rennes approche car j'ai l'intention de grimper à 3000ft dans la TMA.
"-Hotel Kilo votre altitude?
- 2500ft, souhaiterait monter à 3000ft, Hotel Kilo
-Accordé Hotel Kilo, rappelez stable à 3000ft"
Il parrait que j'ai un trafic dans mes 12h 1500ft plus bas mais je ne l'ai jamais vu.
Je vois déjà la baie de St Brieuc. C'est pas sur cette branche que je me perdrai!
J'en profite pour prendre mon top au premier point. Je vais devoir majorer mes temps sans vent
car à cette altitude je dois avoir au moins 20kt de face. Je n'ai même pas pensé à allumer le GPS pour confirmer, trop occupé à regarder dehors.
Je prends une photo de mon point tournant, j'ai le Cap Fréhel dans mon aile droite, et mon prochain point tournant: la côte près de Pléneuf val André, aligné sur mon capot.

Une légère couche de cumulus traîne à 2500ft environ vers le Sud. Je ne pense pas pouvoir faire le retour à 3000ft.
Arrivé sur mon prochain point de report je passe avec Saint Brieuc.
Rennes info me signale Saint Brieuc en auto-info. Avec le vent du jour ça doit tourner en 24.
Je range mon log, sors ma VAC et visualise le circuit d'intégration pendant que je survole la baie de Saint Brieuc.
Estimé à 3 minutes je me mets en descente, j'ai 1000ft à perdre pour arriver à 2000ft verticale terrain.
Un avion tourne en tours de piste.
Je m'annonce à une minute de la verticale, je vois le trafic en finale.
"-Hotel Kilo quelle est votre position?" me demande-t-il quand je lui annonce que j'ai le visuel sur lui.
"-Derrière vous à 2000ft, Hotel Kilo".
"-Romeo Novembre, Je fais un toucher et je m'éloigne pour vous laisser passer"
-"Merci! Hotel Kilo"
Je passe verticale, et je rejoins le début de vent arrière main droite pour la 24 tout en gardant un oeil sur l'avion en face qui effectivement s'éloigne par la gauche.
Je fais une jolie vent arrière et une finale bien stable, et pof, posé sans histoire.
Je décide de m'arrêter quelques minutes. J'ai envie d'un tampon sur mon carnet de vol même si ça n'est plus obligatoire, et j'ai aussi envie de remercier ce monsieur si sympathique qui s'annonce pour un complet.
Je ne sais pas trop pourquoi les pilotes se rencontrent si peu, en tout cas moi j'apprécie d'aller saluer l'instructeur local et de discuter un moment avec les pilotes locaux.
Et puis c'est vrai que ça fait quelque chose de se retrouver sur un terrain qui n'est pas le sien, sans son instructeur.

Il est temps de repartir, j'ai prévu 45 min pour le retour et je suis pile dans les temps.
Et si je traine mon FI va s'inquiéter :-)
Je prends mon log du retour, prépare la radio, fait mon briefing départ (virage à droite, montée à 2500ft et une fois sur la côte cap au 120 corrigé du vent ça devrait me faire dans les 125).
J'attends presque 10 minutes sur le taxiway, c'est l'heure du hub on dirait!
Mon tour vient enfin de m'aligner et de décoller.
J'ai atteint mon altitude de croisière bien avant la côte (il monte bien cet avion).
Je profite d'un moment de répit pour prendre une photo de moi. Pour immortaliser ce moment de joie et de fierté.




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Published by pilotaillon
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